dimanche 17 novembre 2013

En thérapie de couple, dois-je tout dire sur ma personne?

L’un des principaux avantages d’une thérapie de couple est d’améliorer la compréhension que chaque personne a d’elle-même et de son conjoint. Voilà pourquoi vous devez exprimer vos sentiments avec honnêteté et discuter avec franchise des questions que vous jugez importantes. Toutefois, la divulgation de pensées ou de sentiments qui n’ont jamais été exprimés auparavant comporte des risques. Vous pouvez ne pas savoir comment traiter une information qui risque de blesser votre conjoint ou de nuire à votre couple, même si vous croyez important d’en parler. C’est à vous alors de juger si le moment est approprié pour discuter d’un thème particulier. Votre thérapeute peut atténuer tout risque de malentendu et vous aider, votre conjoint et vous, à continuer de dialoguer malgré la difficulté.

Nous avons tous des sentiments très personnels et bien des gens ont vécu des expériences dont ils ne peuvent facilement parler. Une relation de couple heureuse et une thérapie de couple réussie ne signifient pas nécessairement que vous devez livrer vos secrets les plus intimes. Certaines de vos pensées ou expériences ou sentiments peuvent n’avoir qu’une incidence minime sur votre couple. D’autres facteurs que vous jugez très personnels peuvent, par contre, entraver les progrès de la thérapie si vous n’en parlez pas. Vous devez évaluer l’importance de la question sur votre couple et déterminer les raisons pour lesquelles vous hésitez à en parler de même que celles qui vous poussent quand même à en discuter.


dimanche 3 novembre 2013

Défis cliniques en thérapie de couple

La fragilité croissante de l’engagement, en dépit de la persistance des modèles sociaux d’union conjugales à long terme, pose de formidables défis cliniques. Le désarroi causé par les ruptures sérielles, chez des individus où des compétences de séduction se superposent à une forte capacité de détachement, prend des formes multiples : ambivalence marquée, nourrie par des gestes contradictoires, consommation de substances psychoactives, désorganisation des conduites alimentaires, insécurité chronique, paralysie des processus décisionnels, réactions anxieuses ou dépressives, crises suicidaires ou homicidaires, diffusion des rôles, violence psychologique et physique. Ce ne sont là que quelques-uns des symptômes typiques observés en cabinet de consultation. (Wright, Lussier et Sabourin, 2012)

Le thérapeute de couple est aussi confronté à des scripts sexuels et à des mises en scène de la passion de plus en plus éclatés. Qu’il s’agisse de consommation frénétique de cyberpornographie, d’atrophie complète de ;a sensualité ou de comportements, subtils ou non, de coercition et d’impulsivité sexuelle, ces scénarios constituent autant de manifestations de la continuité des rapports de domination et de soumission au sein du couple. La promotion de l’égalité et de la santé sexuelle connaît encore, chez bien des couples, des échecs retentissants. (Wright, Lussier et Sabourin, 2012)

Wright, J., Lussier, Y.,  et Sabourin, S. (2012) Manuel clinique des psychothérapies de couple, Québec, Presses de l’université du Québec